26ème colloque annuel de l'Association Internationale du Human Caring
3, 4 et 5 juin 2004
Significations des expériences de réconfort pour la personne hospitalisée en chirurgie
et pour l’infirmière qui en prend soins
(1er volet)
 
 


Auteur : Maud Bécherraz, RN, PhD (Suisse)

Problématique : il existe un manque de connaissances relatives à l’expérience de réconfort vécue à l’intérieur de la dyade « bénéficiaire–infirmière » en phase postopératoire.

Méthode : une adaptation de la phénoménologie interprétative de P. Benner (1994)

Participants : onze dyades « bénéficiaire–infirmière »

Résultats : le patient insiste sur le soulagement de la douleur, sur la présence, l’écoute et le toucher. Il est émerveillé par l’intense relation qui se tisse parfois à l’occasion de la première rencontre. Il est réconforté lorsque qu’il est reconnu comme un être humain qui souffre. Il témoigne du réconfort apporté par les personnes significatives. Enfin la spiritualité est un aspect majeur du réconfort.
L’infirmière parle de son souci de cet être humain qui souffre. L’intersubjectivité est très présente alors que l’infirmière banalise les soins de base et les soins médicaux délégués qu’elle dispense. La famille du patient bénéficie d’une attention particulière. L’infirmière ne parle pas explicitement de l’aspect spirituel des soins. Enfin, les conditions de travail sont vécues comme autant de limitations en regard du réconfort qui pourrait être offert au patient.

Conclusion : le réconfort prend forme à travers la sympathie que l’infirmière ressent vis-à-vis d’un être humain qui souffre. L’engagement qui s’en suit, augmente l’acuité perceptuelle de l’infirmière, améliore son jugement clinique et la qualité des soins dispensés.

(Mots clés : réconfort, « caring », soins infirmiers autonomes, phénoménologie interprétative, dyade, phase postopératoire)

 
     
 
Significations des expériences de réconfort pour la personne hospitalisée en santé mentale et pour l’infirmier qui en prend soins
(4ème volet)
 
 


Auteurs : Maud Bécherraz a, RN, PhD, Franco Carnevale b, RN, PhD, Myriam Vaucher a, RN, MA, Direction des Soins Infirmiers - Hôpitaux Universitaires de Genève (Suisse)a, McGill University (Canada)b

Problématique : les écrits scientifiques, notamment deux recherches antérieures (Bécherraz, 2001 ; 2002) ne permettent pas de distinguer les significations des expériences de réconfort des infirmiers de celles des infirmières.

Méthode : phénoménologie herméneutique (Benner, 1994 ; Bécherraz, 2001).

Participants : six dyades « bénéficiaire–infirmier » dans le domaine de la santé mentale ont participé à des entrevues individuelles d’une durée moyenne de 80 minutes.

Résultats : quatre catégories thématiques émergent de l’analyse phénoménologique-herméneutique :
a) l’engagement relationnel ou « caring »
b) la dimension corporelle,
c) le lien social et
d) le contexte socio sanitaire.

Les bénéficiaires interrogés sont des personnes atteintes de dépression (2), de troubles bipolaires (3) et de schizophrénie (1) qui se disent réconfortées par les infirmiers. Elles disent développer un lien avec l’infirmier parce qu’elles se sentent reconnues dans leur souffrance, respectées, écoutées et en sécurité. Elles ont pu compter sur ces infirmiers à l’occasion d’une détresse aiguë totale. Elles apprécient leur humour, leur manière d’être dans l’unité et leur calme. Les infirmiers interrogés sont, en général, de jeunes diplômés qui travaillent à temps complet et leur expérience en psychiatrie ne dépasse pas 5 ans. Tous possèdent un bac et un diplôme français. Ils affirment ne pas être conscients du réconfort apporté aux patient(e)s.

Retombées pour la pratique : les résultats indiquent que le réconfort des infirmiers est basé sur une présence physique, l’observation, la négociation, la définition d’objectifs de soins réalistes, l’humour et la promotion de « moments d’évasion » à travers le jeu et le sport. Les résultats semblent novateurs et peuvent contribuer au renouvellement des pratiques en santé mentale.

(Mots clés : réconfort, « caring », effet de genre, phénoménologie interprétative, dyade, santé mentale)
Recherche subventionnée par l’Association Suisse des Infirmières (ASI) et la Direction des Soins Infirmiers des Hôpitaux Universitaires de Genève (Suisse)

 
     
 
Significations des expériences de réconfort pour la personne hospitalisée en santé mentale et pour l’infirmière qui en prend soins
(3ème volet)
 
 


Auteurs : Maud Bécherraz, RN, PhD, Hôpitaux Universitaires de Genève (Suisse); Franco Carnevale, RN, PhD, McGill University (Canada)

Problématique : il existe un manque de connaissances relatives à l’expérience de réconfort vécue à l’intérieur de la dyade « bénéficiaire–infirmière » en psychiatrie.

Méthode : une adaptation de la phénoménologie interprétative de P. Benner (1994)

Participants : quatorze dyades « bénéficiaire–infirmière »

Résultats : quatre catégories thématiques émergent de l’analyse :
a) l’engagement relationnel ou « caring »
b) la dimension corporelle,
c) le lien social et
d) le contexte socio sanitaire.
Pour le client les éléments majeurs du réconfort sont : ne plus être traité comme un fou, être écouté, ne pas être seul, partager ses soucis, se sentir protégé, comprendre, être touché physiquement, prendre soins de son corps, renouer avec les personnes significatives et refaire des projets à l’extérieur de l’hôpital.
Pour l’infirmière les points forts sont : ne pas juger, respecter, accueillir la personne ; organiser un lieu de parole, s’engager, accompagner et mettre des limites. Les soins du corps, l’activité physique et les massages sont valorisés, de même que le maintien du lien social et le retour à domicile.

Conclusion : le réconfort présente des zones de chevauchement avec la « phronesis » et le « caring » qui ont des implications pour la formation, la clinique et la gestion des soins infirmiers.

Mots clés : réconfort, « caring », soins infirmiers autonomes, phénoménologie interprétative, dyade, santé mentale)
Recherche subventionnée par l’Association Suisse des Infirmières (ASI) et la Direction des Soins Infirmiers des Hôpitaux Universitaires de Genève (Suisse)

 
 
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